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Le mariage de Figaro de BEAUMARCHAIS

Acte II scène 21 (scène avec Antonio, le jardinier) Du début jusqu'à : "Figaro : ... il est inutile de chercher, Monseigneur, c'est moi qui ai sauté."

Le mariage de Figaro : Acte II scène 21 (p 148-150)

C’est une scène où l’action rebondit. A la fin de la scène 20, rien n’empêche le mariage de Figaro et Suzanne. Le comte prétexte qu’il n’est pas habillé, pour retarder le mariage. Antonio apparaît dans cette scène.

I / Le comique du personnage d'Antonio

Antonio est un domestique. C’est le jardinier du château. Son ivrognerie et ses maladresses de langage en font un personnage de farce. Le comique vient du contraste entre le sérieux du personnage ( il fait l’important, il est imbu de lui-même (óvaniteux), il se considère comme un bon domestique), et ses incorrections de langage (impropriété des termes, manière de s’adresser au comte) :

- Usage de l’impératif par un domestique envers son seigneur : première incorrection.

-Impertinence envers le comte (« si vous n’avez pas assez de ça pour garder un bon domestique »).

-Avant il l'appelle "mon seigneur" après il dit « mon excellence », le titre de respect employé ne correspond pas au statut du comte.

-L’emploi du mot « chose » est inadapté : « on y envoie des choses » (en parlant d'un homme qui tombe d'une fenêtre).

-Autre terme inapproprié : « réputation effleurée ». Il faudrait dire toucher. Jeu de mots avec les fleurs et effleuré.

-Expression absurde : « je ne peux remuer ni pieds ni pattes ». Cela n'a pas de sens.

-Grossièretés à l’égard de la comtesse.

Antonio est un personnage grotesque, qui est comique. Pourtant, il est aussi dangereux.

II / Un personnage néanmoins dangereux

Antonio est l’oncle de Suzanne et le père de Fanchette. Il s’oppose au mariage de Figaro et Suzanne car Figaro est un enfant trouvé. Antonio cherche à se faire valoir auprès du comte, il est conscient que ses informations perturbent Figaro et Suzanne. Tour à tour, les personnages vont essayer d’interrompre Antonio :

-Par deux fois, Figaro essaye de discréditer Antonio, en insistant sur son ivrognerie.

-La comtesse étant l’allié de Suzanne, elle essaye d’intervenir :  « détourne, détourne… » (sous-entendu la conversation).

-Suzanne intervient 3 fois, elle alerte Figaro, 3ème intervention pour dire qu'Antonio ne sait rien.

Antonio ne sait rien. La plupart de ses interventions sont inefficaces. Le comte est bien décidé à mener son enquête, il va intervenir pour essayer de savoir ce qu’il cherche.

III / L’enquête d’Almaviva 

Le comte Almaviva est resté sur l’impression qu’il était la dupe. A travers les didascalies, on devine que le comte est impatient (« vivement », « impatienté », « colère »). Le comte laisse parler Antonio, car c’est un allié providentiel. Le comte a compris l’intérêt qu'il pouvait tirer d’Antonio. Il a mesuré l’intérêt de ses révélations. Le comte s’arrange toujours pour revenir au sujet de la conversation. Le mot « homme » revient quatre fois dans les répliques du comte (obsession du comte). Il veut savoir qui se trouvait chez la comtesse. Il est intransigeant sur la fidélité féminine. « Cet homme, cet homme, où est-il ? ». « Répond moi donc, où je vais te chasser ».

C’est Almaviva qui mène l’enquête. Toutes ses répliques sont exclamatives ou interrogatives. Il fait preuve de ténacité. L’extrait se termine par un revirement inattendu. En une phrase, Figaro va ruiner ou réduire à néant toute cette enquête du comte en révélant que c'est lui qui a sauté.

Conclu : Au début, le lecteur pense que le mariage va avoir lieu. Le suspense est entier. Finalement, le mariage n’a pas lieu. C’est un retour au point de départ. La scène s’achève, sans que le mariage soit ordonné. On prépare l’acte III. Un nouvel obstacle apparaît : Marceline et sa reconnaissance de dettes. Malgré la révélation de Figaro, le mariage reste en suspens.